Mes premières impressions


Je suis intervenant au Phare depuis maintenant 5 mois. Dans cette expérience limitée, mais riche, j’ai remarqué que plusieurs personnes avaient la même réaction face au diagnostic d’une maladie mentale chez un proche : on s’empresse de focaliser toutes nos énergies sur la personne malade, en oubliant du même coup nos besoins!

Bien sûr, il est normal de vouloir s’assurer que notre proche ait entre les mains tous les outils nécessaires à son rétablissement ou à son traitement. Il est difficile de voir quelqu’un que l’on aime souffrir et c’est pourquoi nous essayons de faire disparaître cette souffrance le plus rapidement possible. Par contre, une question importante se pose : « À quel point mon proche a-t-il besoin de mon aide? » Assurez-vous que vous ne vous imposez pas dans le rétablissement et dans la vie de votre proche. Le cas échéant, il se pourrait que vous deveniez un obstacle à l’autonomie et au traitement.

Néanmoins, il se peut aussi que votre proche ait besoin de davantage de soutien. Alors on lui donne tous le soutien qu’on est capable de lui offrir. À court terme, ça marche. On se renseigne sur la maladie, on regarde les options, on s’assure que le traitement est suivi, on surveille pour qu’il n’y ait pas de rechutes…

Par contre, après un mois, trois mois, un an, dix ans… ça commence à être dur sur le système! Le rétablissement n’est pas toujours aussi rapide qu’on le désire, notre proche ne fait peut-être pas assez d’effort vers son rétablissement à notre goût, les traitements ne fonctionnent pas assez bien… Bref, on commence à sentir que la maladie, ce n’est pas juste notre proche qui en souffre… On est fatigué, stressé, on a laissé notre propre vie, nos propres expériences et nos propres aspirations de côté pour s’occuper de la personne malade. Un sentiment de découragement peut apparaître. On se demande si on va s’en sortir un jour. On commence à perdre patience avec notre proche, mais aussi avec les autres. On voit aussi des proches aidants tomber en dépression tellement la charge de responsabilité est grande. Pour empirer les choses, plus le temps avance et nos réserves d’énergie s’amenuisent, plus il est difficile d’aider notre proche avec sensibilité et discernement.

 

C’est pour cette raison que je vous invite à prendre soin de vous. Profitez de vos petits moments de répit. Vous avez le droit d’avoir une vie. Ne croyez pas que vous êtes égoïste de prendre des moments personnels.

Aussi, entourez-vous bien. Il est important d’avoir un cercle social qui peut nous épauler durant nos mauvais moments et avec qui nous pouvons partager les bons. Il est facile de s’isoler lorsque la majorité de notre énergie est consacrée à un proche souffrant de maladie mentale. Restez en relation avec les gens qui vous font sentir bien.

Enfin, connaissez et profitez des ressources qui sont disponibles pour vous. Le Phare peut vous aider, que ce soit en rencontre individuelle, avec des formations sur la maladie de votre proche ou avec des groupes de partage. D’autres organismes sont aussi disponibles pour vous assister dans plusieurs sphères de votre vie. N’hésitez pas à accepter l’aide qui vous est disponible. Après tout, nous pouvons difficilement aider les autres si nous ne nous aidons pas nous-mêmes!

Rémi, votre intervenant du Phare

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